Pour les
 incorrigibles curieux

Le chemin est parsemé de cailloux précieux qui nous invitent à réfléchir,

cet espace est la bibliothèque qui se remplira au fil du parcours, de toutes nos découvertes. Aujourd’hui un texte, demain une image, une chanson, un son, une citation… venez découvrir les cailloux du chemin qui nous conduira à pénétrer un peu plus avant le Mystère des sagnes.




Fabienne Verdier, extrait de "La passagère du silence"

où elle raconte son apprentissage de la calligraphie auprès d’un vieux maître chinois.

" Le maître lut peut-être une certaine tristesse sur mon visage et me demanda à quoi je pensais.
A des amis, à mes parents en France soupirais-je.
Admire la puissance de l’esprit. Tu es ici, allongée sur le versant d’une montagne chinoise et ton esprit peut se transporter dans ton pays natal. L’esprit possède des possibilités d’excursion infinies. Tu dois t’en servir pour voyager. Il établit des connexions tout seul. Il est de même nature que le nuage qui passe. Le stable n’existe pas pour lui. Suis ses variations sans fin. Il faut accepter nos pensées diverses même contradictoires.
Pour le nourrir, sois attentive à la petite brume du matin,au balancement de la branche dans le vent, à tous les lieux où tu te trouves car les lieux cultivent l’esprit. Pourquoi t’aurais je amené ici sinon pour cette raison ?

Nourris ton esprit, pas seulement de connaissances livresques comme tant de gens mais de la réalité qui t’entoure, de tes songes aussi. Entraîne toi à rêver et à te souvenir de tes rêves une fois éveillée, à les commander en réfléchissant juste avant de t’endormir, à ce que tu souhaites que soit leur point de départ.

Alors tu verra fonctionner la plus haute qualité de l’esprit qui est de produire des intuitions. Elles fuseront en grand nombre et il te suffira de transcrire cette poésie qui passe dans l’instant.
Arrête de cogiter, d’essayer de comprendre. Oublie, oublie, et ton esprit comprendra subitement pour toi. "



Merci à Anne KIMMEL de nous avoir fait connaitre ce texte magnifique.


George Sand - « A Aurore »

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.
Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.
Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.




Ce soir nous sommes attendus dans les marécages…

Ouvrez grand vos écoutilles

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Guy de Maupassant « Le Horla » 1887

"Le marais c’est un monde entier sur la terre, monde différent, qui a sa vie propre, ses habitants sédentaires, et ses voyageurs de passage, ses voix, ses bruits et son mystère surtout. Rien n’est plus troublant, plus inquiétant, plus effrayant, parfois qu’un marécage. Pourquoi cette peur qui plane sur ces plaines basses couvertes d’eau ? Sont-ce les vagues rumeurs des roseaux, les étranges feux follets, le silence profond qui les enveloppe dans les nuits calmes, ou bien les brumes bizarres, qui traînent sur les joncs comme des robes de mortes, ou bien encore l’imperceptible clapotement, si léger, si doux, et plus terrifiant parfois que le canon des hommes ou que le tonnerre du ciel, qui fait ressembler les marais à des pays de rêve, à des pays redoutables cachant un secret inconnaissable et dangereux "



Antoine de Saint Exupéry

"Voici mon secret. Il est très simple :
on ne voit bien qu’avec le coeur.
L’essentiel est invisible pour les yeux."


Martin Luther King

"Tout ce que nous voyons n’est qu’une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas."


Niels Bohr

"Il y a deux sortes de vérités : les petites et les grandes. Vous pouvez reconnaître une petite vérité à son contraire, qui est un mensonge. Mais le contraire d’une grande vérité est une autre grande vérité."


Amadou Hampâté Bâ

"Nous allons entreprendre un voyage dans un monde "souterrain", le monde des significations cachées derrière l’apparence des choses, le monde des symboles où tout est signifiant, où tout parle à qui sait entendre."


Approchez, approchez Mesdames et Messieurs, grande vente aux enchères…

Ouvrez grand vos écoutilles

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Albert Camus

« Il est vrai peut-être que les mots nous cachent davantage les choses invisibles qu’ils ne nous révèlent les visibles. »


Victor Hugo

"Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant"


Denis Diderot

« On ne retient presque rien sans le secours des mots, et les mots ne suffisent presque jamais pour rendre précisément ce que l’on sent. »


Un poème - Raymond Queneau

Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
on ne sait pas toujours ce qu’on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème
mais d’autres fois on pleure on rit
en écrivant la poésie
ça a toujours kékchose d’extrème
un poème


René Char

« Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. »


Francis Ricard

au-delà de la pierre le vertige des
fontaines rouillées de fonte taries les
mulots et les fauvettes s’y disputent
le pain bénit que je leur dispense
que l’herbe serait douce à qui voudrait
s’étendre qui a fermé les vannes
des fontaines rouillées ? les bancs
ruminent l’absence des convives les
feuilles que le vent emporte répètent
l’automne et l’orage efface jusqu’aux
traces de leurs pas oh qu’il est doux
les temps des fontaines qui chantent



Proverbe chinois

"Ne vous inquiétez pas d’avancer lentement ; inquiétez-vous seulement si vous êtes arrêté."


Rabelais

"Le temps murit toute chose ; par le temps toutes choses viennent en évidence ; le temps est père de la vérité."


Paul Virilio

"Si le temps c’est de l’argent, le pouvoir c’est la vitesse."
A écouter absolument pour réaliser…


Francis Ricard

ça va trop vite ça va trop vite ce
monde tout pas le temps de dire
temps de parole passé épuisé je vou
lais dire trop tard coupé peux pas
peux pas suivre moi dire comme
ça pas le souffle pas le rythme parfois
dans un espace lâcher comme ça une
phrase en un seul souffle le début
inaudible la fin inécoutée comme ça
juste une bribe en un seul souffle
pour voir s’il y a encore quelqu’un
qui entend écouter écouter écouter et
soudain dans l’espace tenter de se
glisser tenter ou alors faut hurler



Bernard de Chartres

Nous sommes comme des nains juchés sur les épaules de géants (les Anciens)
de telle sorte que nous puissions voir plus de choses
et de plus éloignées que n’en voyaient ces derniers.
Et cela, non point parce que notre vue puissante ou notre taille avantageuse,
mais parce que nous sommes portés et exhaussés par la haute stature des géants.



Edgar Morin : extrait de Terre patrie

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Roberto Juarroz

"Il est impérieux de dissiper un intime malentendu :
savoir quelque chose, ce n’est pas le posséder.
Et un autre : savoir, ce n’est pas comprendre.
Et encore un autre : savoir ne s’oppose pas à ne pas savoir, mais à savoir mal.
Savoir est une approche de l’être et devrait ressembler à être."


Vers une sobriété heureuse…. Du bon usage de la fin des temps modernes - Patrick Viveret

Je l’avoue volontiers, je suis bien philosophe. Et tout de suite je vous sens bailler ! Pourtant vous pourriez tout aussi bien saliver ! Je définis en effet la philosophie comme « l’art de la dégustation de la vie ». Je me place aux antipodes des approches tristes et ascétiques souvent données à cette discipline. Il est en effet vraiment important de pouvoir vivre intensément ce bref voyage que chacun fait de son passage sur terre dans l’univers. Or on peut d’autant plus le savourer qu’on se donne les moyens d’aller à l’essentiel pendant cette période. lire la conférence intégrale



LES SAGNES DU TARN : Une invitation au voyage






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